L’avis d’Anne-So : “Décore ton corps. Ou plutôt, non, tiens, ne décore rien.”
Depuis l’adolescence, je suis passée par toutes les envies en matière de décoration corporelle. J’ai d’abord rêvé d’un tatouage en forme de mouche. Puis d’un tatouage en forme d’aileron de planche à voile, pendant ma période windsurf is so cool. J’ai aussi rêvé de tatouages secrets, seulement visibles par moi-même et d’une alliance tatouée, pour mon mariage, en signe d’amour indélébile. Et j’aurai, ainsi, probablement d’autres souhaits au cours de ma vie.
Mais chaque fois, j’ai été prise de panique rétrospective à l’idée des horreurs que j’aurais pu commettre en mettant l’un de ces projets à exécution. Sérieusement ! Un aileron de planche à voile ! Pour cette raison, je sais, au fond, que ma peau ne passera jamais sous les outils d’un tatoueur.
| Côté piercing, là, j’ai sauté le pas. Aux oreilles, tout d’abord, à 14 ans. Principalement parce que, pour je ne sais quelle raison, ma mère n’était pas chaude. Pas de chance, j’ai été allergique à pratiquement tout. Au bout de quelques années, lassée de mes clous colorés cerclés de métal chirurgical, j’ai abandonné. Pour replonger de plus belle à 22 ans : je me faisais percer le nombril. Par défi : on ne m’en croyait pas capable. Avec ce piercing, j’ai souffert mille tourments avant qu’il ne soit cicatrisé. Puis je l’ai aimé. Quelques temps. | ![]() |
Aujourd’hui la pierre bleue, décolorée, sonne comme un vestige ancien de mes 20 ans. Anachronique sur mon corps de trentenaire. Il ne correspond plus à rien. Il n’est plus qu’un souvenir. Il faut que je me décide à l’enlever, un nombril est tellement plus joli, tout compte fait.
Pour être honnête, je le regrette, ce piercing, aujourd’hui. Il a si bien cicatrisé qu’il ne se refermera peut-être jamais et qui sait quelle forme il prendra le jour où j’attendrai un enfant ? Le jour, inéluctable, où la peau de mon petit ventre sera moins tendue et moins ferme ?
Non, vraiment, je suis convaincue que, si on y réfléchit à deux fois, on finit toujours par penser qu’on a bien fait de s’abstenir. Et je n’ai pas parlé des multiples risques encourus comme les infections, les outils mal stérilisés, les dents cassés (en cas de piercing sur la langue) et autres réjouissances qui, tout comptes faits, me paraissent on ne peut plus dissuasifs.
Pas de doute, je suis contre et re-contre !































