L’avis d’Anne-So : “Au dernier moment… voire au tout dernier.”
S’il y a bien une chose qui me gâche les vacances, c’est de les préparer avec six mois d’avance. Même deux mois, même un, en fait. Je déteste prévoir. Pire, ça m’angoisse. Je ne peux pas m’empêcher de penser que si ça se trouve, ça n’est plus en Corse que j’aurais envie d’aller quand le moment sera venu, mais en Finlande. Je crains d’avoir trop de travail, finalement et de ne pas pouvoir partir l’esprit tranquille. Ou de n’avoir plus envie de partir, tout simplement. Programmer mes vacances, me donne cette drôle d’impression, quand elles arrivent enfin, de les avoir déjà vécues.
| Aux vacances programmées, je préfère mille fois la décision de dernière minute, le coup de tête qui me donnent la délicieuse sensation de partir à l’aventure (même si, le plus souvent, c’est pour aller à Vannes, chez ma mère), de m’offrir un petit accroc à la vie savamment orchestrée que je mène. Le stratagème du dernier moment me permet aussi, je crois, de prendre des décisions (où partir ? combien de temps ? pour quel budget ?) dans la panique et l’urgence ; et finalement, me sauve des milles tergiversations dont je suis spécialiste en temps normal. | ![]() |
Mon rêve, par exemple, serait d’entendre mon amoureux me dire « tiens, ça te dit qu’on parte à New York, ce week-end ? ». Mais avec tout ça, si je n’écoutais que mes inclinations, il est très clair que je ne partirais pas souvent en vacances.
Heureusement, l’homme qui partage ma vie est doté de toutes les qualités organisationnelles et prévisionnelles qui me manquent. Sans m’en informer, il réserve les billets de train pour ce week-end dont nous avons parlé, m’apprend que les vacances commencent demain et que nous partons à telle heure. Il me laisse même faire la valise au dernier moment, parce qu’il sait que ça aussi, ça m’angoisse, une valise qui attend des heures et des heures devant la porte d’entrée qu’on veuille bien la sortir.
Mais si, voyons, je suis une personne saine d’esprit…































